C’est l’étape que les candidats redoutent le plus, et de loin. On vous envoie un fichier, ou on vous partage un écran, et il faut produire un chiffre juste devant quelqu’un qui vous regarde faire. Le cas pratique Excel en entretien supply chain a remplacé la ligne « Excel : niveau avancé » du CV, que plus personne ne croit. Selon les entreprises on l’appelle cas pratique Excel, test Excel ou simplement exercice sur fichier : c’est la même épreuve.
La bonne nouvelle, c’est que le niveau technique réellement attendu est bien plus modeste que la réputation de l’exercice. Une dizaine de fonctions couvrent la quasi-totalité des cas. Ce qui se joue, ce n’est pas votre virtuosité Excel : c’est votre capacité à fiabiliser un chiffre, à repérer ce qui cloche dans un extrait, et à dire ce que vous en concluez.
Ce guide détaille les quatre formats de cas pratique que vous pouvez rencontrer, les six exercices qui tombent vraiment (rapprochement de fichiers, taux de service, couverture de stock, analyse ABC, fiabilité de prévision, nettoyage d’une extraction de l’ERP), les formules attendues, les pièges qui éliminent, et une méthode heure par heure pour dérouler le jour J sans paniquer.
Ingénieur en génie industriel de formation, j’ai occupé différents postes (approvisionneur, pilote de flux, global supply planner) pendant plus de cinq ans dans différents grands groupes du secteur avant de devenir formateur en supply chain. Ce que j’explique dans cet article s’appuie sur mes propres recherches et sur mon expérience professionnelle. Votre avis m’intéresse : partagez-le en commentaire. Rejoignez-moi sur LinkedIn.
Sommaire
Pourquoi le cas pratique Excel décide de l’entretien
Sur un poste de planification ou d’analyse, tous les candidats déclarent maîtriser Excel. Le recruteur n’a aucun moyen de trancher sur déclaration : il donne donc un fichier et regarde ce qui se passe. C’est devenu l’étape la plus discriminante du processus, souvent placée en deuxième ou troisième entretien, juste avant la décision.
L’exercice est redouté parce qu’il est vécu comme un examen. C’est une erreur de cadrage. Un examen a une bonne réponse et une note. Un cas pratique de recrutement a une question métier, des données imparfaites, et un observateur qui essaie de deviner comment vous travaillerez dans son équipe.
Ce que le recruteur note vraiment
La fiabilité du chiffre avant sa production. Un candidat qui ouvre le fichier et se jette sur un tableau croisé dynamique inquiète. Un candidat qui compte d’abord les lignes, cherche les doublons et repère trois dates manquantes rassure immédiatement, même s’il n’a encore rien produit.
La compréhension métier derrière la formule. Savoir écrire un rapport de deux colonnes n’a aucune valeur si vous ne savez pas dire ce que ce rapport signifie pour l’entreprise. Le recruteur cherche quelqu’un qui distingue un taux de service client d’un taux de service fournisseur, et qui sait pourquoi il ne faut pas les mélanger.
La restitution. Le chiffre finit toujours dans une réunion. On vous évalue donc sur votre capacité à dire, en une phrase : voici le résultat, voici ce qui l’explique, voici ce que je ferais. C’est la partie la plus négligée par les candidats, et la plus regardée par les recruteurs.
La règle d’or du terrain : en supply chain, un chiffre qu’on ne sait pas défendre n’existe pas. Le cas pratique ne teste pas autre chose que ça, avec un fichier en guise de prétexte.
Les quatre formats que vous pouvez rencontrer
Demandez le format à l’avance : la question est parfaitement légitime et la réponse change entièrement votre préparation.
Le test en autonomie
On vous envoie un fichier et une consigne, avec 24 à 72 heures pour rendre. C’est le format le plus confortable techniquement, et le plus exigeant sur la forme : comme vous avez eu le temps, on attend un rendu propre, une note de synthèse d’une page et des hypothèses écrites.
Le piège : rendre uniquement un classeur. Ajoutez toujours un onglet de garde avec la question posée, vos hypothèses, vos retraitements et votre conclusion. C’est ce que le recruteur lira en premier, et parfois la seule chose qu’il lira.
Le live en partage d’écran

Quarante-cinq minutes à une heure, en visioconférence, avec une ou deux personnes qui vous regardent travailler. C’est le format le plus stressant et le plus fréquent sur les postes de planification.
Le piège : le silence. Un candidat concentré qui ne parle pas pendant vingt minutes ne montre rien. Commentez chaque décision, y compris les impasses : « je vais d’abord vérifier s’il y a des doublons sur le numéro de commande, sinon mon rapprochement va gonfler les quantités ».
Le cas sans ordinateur
Sur une feuille ou un tableau blanc, on vous donne quelques lignes de données et on vous demande le raisonnement, pas le résultat. Format courant sur les postes d’approvisionnement et de gestion de stocks.
Le piège : chercher à calculer vite de tête. Personne n’attend ça. Écrivez la formule au tableau, nommez chaque terme, puis posez les ordres de grandeur.
La lecture d’un fichier existant
On ne vous demande rien de construire : on vous montre un tableau de bord ou un classeur déjà en place, et on vous demande ce que vous en pensez. C’est un excellent format pour le candidat, parce qu’il récompense l’expérience plutôt que la vitesse.
Les bonnes questions à poser à voix haute : d’où viennent les données, à quelle fréquence sont-elles rafraîchies, sur quelle maille, et quelle décision ce tableau est censé déclencher. Un tableau de bord que personne ne sait relier à une décision est un tableau mort, et le dire poliment vous distingue.
| Format | Durée | Ce qui est vraiment noté |
|---|---|---|
| Test en autonomie | 24 à 72 h | La rigueur du rendu et les hypothèses écrites |
| Live en partage d’écran | 45 à 60 min | Les réflexes de contrôle et le commentaire à voix haute |
| Cas sans ordinateur | 15 à 30 min | Le raisonnement et les ordres de grandeur |
| Lecture d’un fichier | 20 à 30 min | Le recul métier et les bonnes questions |
Les six exercices qui tombent vraiment
Les sujets varient peu, parce qu’ils reflètent le quotidien réel des postes. Voici les six qui reviennent, avec la méthode attendue et le piège associé.
Rapprocher deux fichiers
L’énoncé type : voici les commandes passées et voici les réceptions. Dites-moi ce qui manque.
La méthode attendue : construire une clé de rapprochement propre (souvent numéro de commande plus numéro de ligne, parfois numéro de commande plus code article), vérifier l’unicité de cette clé dans les deux fichiers, puis ramener les quantités reçues en face des quantités commandées avec RECHERCHEX ou INDEX plus EQUIV, et enfin isoler les écarts.
Le piège : les doublons. Si une ligne de commande a été livrée en deux fois, une recherche simple ne ramènera que la première réception et vous conclurez à un manquant qui n’existe pas. Le bon réflexe est de sommer les réceptions par clé avec SOMME.SI.ENS avant de comparer, jamais d’aller chercher une valeur unique.
Ce qui fait la différence : annoncer les trois cas de sortie avant de commencer. Commandé et non reçu, reçu et non commandé, reçu partiellement. Le troisième cas est celui que la moitié des candidats oublie.
Calculer un taux de service
L’énoncé type : calculez le taux de service du mois dernier et dites-moi s’il est bon.
La méthode attendue : commencer par poser la définition, parce qu’il en existe plusieurs. Taux de service en lignes ou en volumes, calculé sur la date demandée par le client ou sur la date confirmée, complet exigé ou livraison partielle acceptée. Ces choix changent le résultat de plusieurs points et le recruteur veut vous entendre les énoncer avant de calculer.
Le piège : la moyenne des pourcentages. Calculer un taux par commande puis en faire la moyenne donne autant de poids à une commande de cinq lignes qu’à une commande de quatre-vingt-onze lignes, et gonfle mécaniquement le résultat. Il faut sommer les numérateurs et les dénominateurs, puis diviser une seule fois à la fin.
Ce qui fait la différence : ne jamais répondre juste « 72 % ». Répondre « 72 % en lignes complètes à la date demandée, et l’écart vient à 80 % d’un seul client dont les commandes sont passées en retard ». Les définitions et les pièges de ces indicateurs sont détaillés dans le guide des KPI supply chain.
Calculer une couverture de stock
L’énoncé type : voici les stocks et les consommations des douze derniers mois. Quels articles vont poser problème ?
La méthode attendue : couverture égale stock disponible divisé par consommation moyenne sur la période retenue, exprimée en jours ou en semaines. Puis comparaison de cette couverture au délai de réapprovisionnement de l’article, parce que c’est cette comparaison qui identifie le risque, pas la couverture seule.
Le piège : la moyenne sur douze mois appliquée à un article saisonnier. Un article dont toute la consommation se concentre sur trois mois affiche une couverture rassurante en moyenne annuelle et sera en rupture au pic. Signalez-le, même si vous n’avez pas le temps de le corriger.
Ce qui fait la différence : distinguer le stock physique du stock disponible. Le stock bloqué en contrôle qualité, réservé à une commande client ou en attente de retour ne couvre rien du tout.
Faire une analyse ABC
L’énoncé type : classez ce portefeuille de références et dites-moi où concentrer les efforts.
La méthode attendue : trier les articles par chiffre d’affaires ou par valeur de consommation décroissante, cumuler, calculer le pourcentage cumulé, puis découper en trois classes (classiquement 80 %, 15 % et 5 % de la valeur). Un tableau croisé dynamique et une colonne de cumul suffisent.
Le piège : classer sur le mauvais critère. Un ABC sur la valeur du stock ne donne pas le même classement qu’un ABC sur la rotation ou sur la marge, et ces trois classements servent des décisions différentes. Demandez sur quoi on veut classer, ou annoncez votre choix.
Ce qui fait la différence : proposer un croisement à deux axes, valeur et régularité de la demande par exemple. C’est ce qui sépare un exercice scolaire d’une segmentation réellement utilisable pour piloter des stocks.
Mesurer la fiabilité de prévision et le biais
L’énoncé type : voici les prévisions et les ventes réelles. La prévision est-elle bonne ?
La méthode attendue : deux indicateurs, pas un. La fiabilité de prévision (forecast accuracy) mesure l’amplitude de l’erreur en valeur absolue, sur la base du MAPE ou de sa version pondérée. Le biais mesure le sens de l’erreur : surprévision ou sous-prévision systématique. Une prévision peut être fiable en amplitude et fortement biaisée, et c’est le biais qui coûte le plus cher en stock.
Le piège : compenser les erreurs. Si vous sommez les écarts signés pour mesurer l’amplitude, un mois surprévu annule un mois sous-prévu et vous conclurez à une prévision excellente sur un portefeuille catastrophique. La valeur absolue sert à mesurer l’amplitude, l’écart signé sert à mesurer le biais, et on ne les mélange jamais.
Ce qui fait la différence : pondérer par les volumes. Une erreur de 60 % sur une référence qui se vend à trois unités par mois n’a pas le même poids qu’une erreur de 10 % sur la référence qui fait la moitié du chiffre d’affaires. Ce raisonnement est au cœur du poste de demand planner.
Nettoyer une extraction de l’ERP
L’énoncé type : voici un export brut. Rendez-le exploitable.
La méthode attendue : repérer les défauts classiques d’un export, tous volontairement présents dans le fichier de test. Des nombres stockés en texte, des dates au mauvais format, des espaces insécables en fin de code article, des lignes de sous-total insérées au milieu des données, des en-têtes répétés, des cellules fusionnées, une colonne qui mélange deux informations.
Le piège : corriger à la main. Sur un fichier de test de deux cents lignes, la correction manuelle passe. Sur un fichier réel de deux cent mille lignes, elle est impossible, et le recruteur le sait. Utilisez Power Query et montrez que le traitement est rejouable le mois suivant en un clic.
Ce qui fait la différence : compter les lignes avant et après nettoyage, et expliquer l’écart. Un candidat qui sait dire « je pars de 4 312 lignes, j’en écarte 47 sans code article et 12 sous-totaux, j’arrive à 4 253 » a déjà gagné l’exercice.
Les fonctions Excel qui suffisent vraiment
Le niveau attendu tient dans une poignée de fonctions, plus le tableau croisé dynamique et Power Query. Rien d’exotique.
| Fonction ou outil | À quoi elle sert en supply chain |
|---|---|
| Tableau croisé dynamique | Agréger par article, client, mois, site. L’outil le plus utilisé de tous |
SOMME.SI.ENS, NB.SI.ENS | Sommer les quantités reçues par clé, compter les lignes en retard |
RECHERCHEV, RECHERCHEX, INDEX + EQUIV | Ramener une donnée d’un fichier dans l’autre |
SIERREUR | Traiter proprement les clés absentes plutôt que d’afficher #N/A |
SUPPRIMER.ESPACES, CNUM, DATEVAL | Réparer les codes et les dates issus d’un export ERP |
MOIS.DECALER, FIN.MOIS, NB.JOURS.OUVRES | Calculer des dates de besoin et des délais en jours ouvrés |
| Power Query | Nettoyer, dépivoter et fusionner de grosses extractions, de façon rejouable |
| Tri, filtres et tableau structuré | Ordonner et isoler sans désaligner les données |
| Mise en forme conditionnelle | Faire ressortir les ruptures et les dérives sans construire de graphique |
Si vous ne devez travailler que deux choses avant l’entretien, prenez le tableau croisé dynamique et SOMME.SI.ENS. Ils couvrent à eux seuls la majorité des exercices, et ils sont plus robustes qu’une recherche quand les clés sont en doublon.
RECHERCHEV, RECHERCHEX ou INDEX-EQUIV : que répondre ?
La question est posée telle quelle dans une majorité d’entretiens, et elle sert de test de niveau instantané. Répondre « RECHERCHEV » sans nuance vous classe débutant, répondre « RECHERCHEV c’est dépassé » vous classe dogmatique. La bonne réponse tient en trois points.
RECHERCHEV fonctionne, avec trois limites à connaître. La colonne de recherche doit être la première du tableau, ce qui oblige souvent à réorganiser les données. L’index de colonne est un numéro figé : insérez une colonne dans le fichier source et toutes vos formules renvoient la mauvaise valeur, silencieusement. Et le quatrième argument vaut VRAI par défaut, donc une recherche approximative : oublier le FAUX est la cause d’erreur la plus courante et la plus difficile à repérer.
RECHERCHEX lève les trois : recherche dans n’importe quel sens, colonne de résultat désignée directement et non par un numéro, correspondance exacte par défaut, et gestion native du cas « non trouvé ». C’est le bon réflexe quand la version d’Excel le permet.
INDEX plus EQUIV reste la réponse la plus sûre en entretien, parce qu’elle marche sur toutes les versions, y compris les fichiers partagés avec des collègues qui ne sont pas sur la dernière. Savoir l’écrire montre que vous comprenez ce que fait la fonction, et pas seulement comment l’appeler.
La règle d’or du terrain : aucune des trois ne convient si la clé n’est pas unique. Dès qu’une ligne de commande peut être livrée en deux fois, il faut sommer avec SOMME.SI.ENS et non aller chercher une valeur. Un candidat qui répond ça a répondu à une question que le recruteur n’avait pas posée, et c’est exactement ce qu’il attendait.
Le tri, les filtres et les doublons : l’épreuve silencieuse
Personne ne vous demandera « savez-vous trier des données ». On vous regardera le faire, et une erreur ici est éliminatoire parce qu’elle détruit le fichier sans prévenir.
Le tri sur une seule colonne. Sélectionner une colonne puis trier désaligne toutes les autres : les quantités ne correspondent plus aux articles, et rien ne le signale à l’écran. Le réflexe attendu est de convertir la plage en tableau structuré avant toute manipulation, ce qui rend cette erreur impossible et fait suivre automatiquement les formules quand des lignes arrivent.
Les filtres qui mentent. Un total calculé avec SOMME ne tient aucun compte du filtre affiché à l’écran : vous croyez lire le total des lignes visibles et vous lisez celui de tout le tableau. SOUS.TOTAL et AGREGAT existent pour ça. C’est un piège que les recruteurs adorent glisser dans un fichier de test.
Les doublons. Ne cliquez jamais sur « Supprimer les doublons » avant de les avoir comptés et regardés. Un même code article présent deux fois peut être une vraie erreur d’export, mais aussi deux lignes de commande légitimes sur deux dates de besoin différentes. Comptez d’abord avec NB.SI.ENS, montrez deux ou trois cas à l’écran, puis décidez et dites pourquoi. Supprimer sans regarder, c’est perdre des données, et c’est exactement le geste que le fichier de test cherche à provoquer.
Ce qui ne sert à rien
Les formules matricielles spectaculaires, les macros VBA improvisées et les graphiques élaborés ne rapportent aucun point, et coûtent du temps. Une macro écrite dans l’urgence est même un signal négatif : elle rend le travail invérifiable par le recruteur.
Le VBA garde son intérêt pour automatiser un traitement récurrent une fois en poste, pas pour un exercice d’une heure. La panoplie complète des outils et le niveau attendu selon les profils sont détaillés dans l’article sur les outils bureautiques du logisticien.
Les cinq erreurs qui éliminent
- Produire un chiffre sans le contrôler. Le total de votre tableau croisé doit correspondre au total du fichier brut. Sans ce contrôle, aucun résultat n’est crédible, même juste.
- Moyenner des pourcentages. L’erreur la plus fréquente, et la plus visible pour un recruteur qui connaît le fichier par cœur.
- Ignorer les lignes rejetées. Les clés absentes, les quantités négatives et les dates vides ne disparaissent pas parce qu’un
SIERREURles masque. Comptez-les et dites ce que vous en faites.
- Soigner la forme avant le fond. Vingt minutes passées sur les couleurs et les bordures pendant qu’il manque la moitié de l’analyse est un classement immédiat en bas de pile.
- Rendre sans conclure. Un fichier livré sans phrase de conclusion oblige le recruteur à faire lui-même le travail d’interprétation. Il ne le fera pas.
La méthode, étape par étape
Voici le découpage d’une heure de cas pratique, celui de l’infographie en tête d’article. Il tient sur n’importe quel sujet, parce qu’il ne dépend pas du contenu de l’exercice.
1. Cadrer, cinq minutes. Reformulez la question à voix haute. Quelle est l’unité attendue, des lignes, des unités, des euros ? Quelle période ? Quelle maille de restitution, par article, par client, par site ? Une mauvaise réponse à la bonne question vaut toujours mieux qu’une bonne réponse à une question que personne ne posait, mais l’inverse est fatal.
2. Auditer, dix minutes. Combien de lignes ? Combien de clés uniques ? Y a-t-il des doublons, des quantités négatives, des dates hors période, des codes articles absents de l’autre fichier ? Cette étape n’est jamais du temps perdu : elle vous évite de découvrir le problème à la fin, quand il est trop tard pour le corriger.
3. Construire, vingt minutes. Travaillez en colonnes intermédiaires visibles plutôt qu’en formule unique imbriquée. C’est moins élégant, c’est beaucoup plus vérifiable, et la vérifiabilité est exactement ce qu’on note.
4. Contrôler, dix minutes. Retrouvez le même résultat par un second chemin : un tableau croisé d’un côté, une formule de l’autre. Vérifiez qu’aucune ligne n’a été perdue ni dupliquée par la jointure. Si les deux chemins divergent, dites-le, c’est un point pour vous, pas contre.
5. Conclure, dix minutes. Une phrase avec trois éléments : le chiffre, la cause principale, l’action que vous proposez. « Le taux de service est à 72 % en lignes, l’écart vient à 80 % d’un fournisseur unique, je commencerais par revoir son délai contractuel avant de toucher aux stocks de sécurité. »
6. Ouvrir, cinq minutes. Dites ce que vous auriez fait avec plus de temps ou plus de données. Cette dernière minute vaut beaucoup : elle montre que vous savez où s’arrête la solidité de votre analyse, ce qui est une compétence de senior.
La règle d’or du terrain : si vous manquez de temps, sacrifiez la construction, jamais le contrôle ni la conclusion. Un périmètre réduit et maîtrisé se défend très bien. Un périmètre complet et invérifiable, non.
Power BI et SQL : jusqu’où faut-il aller ?
Excel reste l’outil du cas pratique dans la grande majorité des recrutements supply chain. Power BI et SQL arrivent surtout sur les postes orientés données, et le niveau attendu y est plus modeste qu’on ne l’imagine.
Sur Power BI, on vous demandera plus souvent de commenter un rapport existant que d’en construire un. Savoir lire un modèle de données, expliquer d’où sort une mesure et repérer qu’un filtre fausse un total suffit largement. La création de mesures DAX complexes relève déjà d’un profil analyste confirmé.
Sur SQL, l’attente se limite le plus souvent à lire une requête et à en écrire une simple : sélection, filtre, regroupement, et surtout savoir dire quelle jointure vous utilisez et pourquoi. Le retail et l’e-commerce, où les volumes rendent Excel inopérant, sont les exceptions qui demandent davantage.
Si vous visez précisément ce type de poste, le guide de l’entretien de supply chain analyst détaille les questions techniques associées, et la fiche métier correspondante précise le niveau attendu à l’embauche.
S’entraîner en deux semaines
Deux semaines suffisent largement, à condition de s’entraîner sur des données sales plutôt que sur des tutoriels aux fichiers parfaits.
Première semaine, les gestes. Reconstruisez trois fois le même tableau croisé sans souris. Écrivez vingt SOMME.SI.ENS à plusieurs critères. Faites un rapprochement de deux fichiers dont l’un contient volontairement des doublons et des clés absentes. Nettoyez un export avec Power Query, puis rafraîchissez-le avec un fichier différent pour vérifier que votre traitement tient.
Deuxième semaine, les cas. Prenez les six exercices de cet article et traitez-les en une heure chrono chacun, en vous filmant ou en commentant à voix haute. L’objectif n’est pas la vitesse : c’est de vous habituer à parler pendant que vous manipulez, ce qui est le vrai exercice le jour J.
Fabriquez vos propres jeux de données à partir d’un fichier réel que vous dégradez volontairement : ajoutez des doublons, cassez trois dates, mettez des nombres en texte, insérez deux lignes de sous-total. C’est le meilleur entraînement possible, parce qu’un fichier de test de recrutement est exactement ça.
Si vous partez de loin sur les fondamentaux métier derrière ces exercices, le pilier planification supply chain couvre les notions de couverture, de stock de sécurité et de cycle de prévision. Et si vous arrivez d’un autre secteur, le guide de la reconversion en supply chain replace ce niveau technique dans un parcours d’entrée réaliste.
L’essentiel à retenir
- Le cas pratique Excel ne teste pas votre virtuosité, mais votre capacité à fiabiliser un chiffre et à le défendre.
- Six exercices couvrent presque tout : rapprochement, taux de service, couverture, ABC, fiabilité de prévision, nettoyage d’une extraction.
- Le tableau croisé dynamique et
SOMME.SI.ENSsuffisent à la majorité des sujets. Power Query fait la différence sur les fichiers sales.
- Convertissez la plage en tableau structuré avant de trier, et comptez les doublons avant de les supprimer.
- Ne moyennez jamais des pourcentages : sommez les numérateurs et les dénominateurs, puis divisez une seule fois.
- Gardez toujours dix minutes pour contrôler et cinq pour conclure. C’est là que se joue la décision.
FAQ : le cas pratique Excel en entretien
Quel niveau Excel faut-il vraiment pour un poste supply chain ?
Un test Excel d’entretien ne va presque jamais au-delà de ceci : le tableau croisé dynamique, les fonctions conditionnelles de type SOMME.SI.ENS, une fonction de recherche et la maîtrise des formats de données. Ce socle couvre l’essentiel des postes de planification et d’approvisionnement. Power Query devient un vrai différenciant dès que les fichiers dépassent quelques milliers de lignes. Le VBA n’est plus demandé à l’embauche.
Que faire si je bloque pendant le test ?
Dites-le, et dites sur quoi. « Je sais ce que je veux obtenir, je ne retrouve pas la syntaxe exacte, je vais le faire autrement » est une réponse parfaitement acceptable. Chercher une syntaxe en ligne est également admis dans la plupart des tests en autonomie : demandez si c’est autorisé plutôt que de le cacher.
Combien de temps dure un cas pratique Excel en entretien ?
Entre 45 minutes et une heure en live, 24 à 72 heures pour un test à rendre. Un exercice à rendre ne doit pas vous prendre plus de deux à trois heures de travail effectif : au-delà, vous sortez de ce qui est attendu et le rendu devient difficile à défendre en entretien.
Peut-on refuser un cas pratique ?
Vous pouvez refuser un exercice manifestement excessif, par exemple une étude complète sur des données réelles de l’entreprise qui ressemble à du travail gratuit. Un test calibré sur une heure, sur un jeu de données anonymisé, fait partie du processus normal et le refuser vous élimine.
Le cas pratique est-il le même pour un junior et un confirmé ?
Le fichier est souvent identique, l’attente non. Sur un profil junior, on regarde surtout la rigueur et les réflexes de contrôle. Sur un profil confirmé, on attend en plus une lecture métier immédiate et une recommandation. Le guide des entretiens en supply chain et logistique détaille cette gradation selon le niveau d’expérience.
Vous avez un cas pratique à préparer et vous voulez vous entraîner sur un vrai fichier, avec un retour sur votre méthode et votre restitution ? Je propose des séances de préparation en visioconférence, sur des jeux de données construits comme ceux des recrutements.
Contactez-moi pour en savoir plus.
Valentin Pierre, ingénieur en génie industriel, cinq ans d’expérience en supply chain internationale. Je partage ici ce que j’aurais aimé savoir plus tôt dans ma carrière.




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